Paru aux éditions Ligne Rouge chez Casterman, Le Tueur fait sans doute figure de référence dans le domaine de la bande dessinée d’action.
Alors on replace dans le contexte (rapide) : Noël, cadeaux, déballage, bd, Le Tueur. Beuh?! Connais pas. Hop, j’ouvre, je découvre, j’admire et … on doit aller manger ! euh ‘tendez là, j’peux pas lire un peu? Non? Bon… *râle*
Ce n’est donc que maintenant que je fais un petit debriefing sur cette série-que-je-ne-connaissais-pas. Tout d’abord les dessins : bizarrement, je n’ai aucun mal à me faire à l’idée que ça soit éditer par Casterman. Pourquoi? Parce que d’un coté, sur un certain plan, ça a l’air un peu vieillot. Entre Blake et Mortimer et Tintin et Milou (là, c’était juste pour les mettre par couple. No offense !) Oui… mais non ! Ça a l’air vieillot, mais ça ne l’est finalement vraiment pas ! Les détails fourmillent dans tous les sens, et même si les dessins ont l’air simplistes, ils sont en fait hyper efficaces ! On ne rate rien de l’action, tout est super bien décrit, dessiné, représenté et mis en couleur. Ah les couleurs ! Toute une palette de mises en situation qui contribuent à rendre l’action encore plus crédible. On passe des teintes classiques (« vieillotes » ? … ok j’arrête avec ça), à des tons beaucoup plus prononcés pour la jungle (tome 2), ou à des nuances de bleus pour les scènes nocturnes. Et de nouveau, c’est clair, précis et beau (matez les ombres comme c’est beau ! * )
C’est l’histoire d’un tueur à gage, un brin philosophique, qui mène son petit train train quotidien à exécuter (au sens propre du terme…) ses contrats. Pour paraphraser Bedetheque.com :
C’est l’autobiographie d’un tueur professionnel.
Un homme solitaire et froid, méthodique et consciencieux, qui ne s’embarrasse pas de scrupules ni de regrets. On partage ses pensées, on apprend à le connaître et on découvre sa vie à travers de nombreux flash-back, on écoute son monologue, on s’habitue à sa logique implacable de solitaire et on se prendrait presque de sympathie pour lui.
Premier épisode, mise en conditon et ambiance : attente que la cible se montre. En attendant, on a droit à une grosse partie de son parcours. Une sorte de CV pour tueurs à gage finalement… Super intéressant et super bien mis en scène. Du coup, je ferme toujours mes rideaux et j’éteins la lumière en rentrant chez moi. On ne sait jamais qu’un des employés d’en face ait décidé d’arrondir ses fins de mois… Une bonne grosse dose de cynisme et de remise en cause de l’existence de l’humanité (et de Dieu dans la foulée. C’est pas moi qui le dit, c’est écrit noir sur blanc dans le dernier album
)
Pour l’ambiance, on a parfois l’impression de se trouver devant un film de Jason Bourne (les plans d’actions foireux en moins). Oppressant, superbement mis en scène. On regrette presque de voir défiler les pages sous nos yeux, annonçant l’approche de la fin de l’histoire (aux alentours de la page 54 pour ceux qui ne suivent pas).
Un gros coup de coeur pour cette série. Si vous n’aimez pas attendre les suites, ne lisez que jusqu’au cinquième album
La fin du sixième annonce une suite…
