Boulet

headerJe viens à peine de finir le premier volume des notes de Gilles Roussel – alias Boulet – et la première chose qui me vient à l’esprit est … à quand la suite?

Mais comment en suis-je arrivé à lire ces notes? Boulet, je ne connaissais pas. Même pas son blog, non. Les blogs « bandes dessinées », c’est finalement pas tellement mon truc : à part le blog de Pénélope Jolicoeur que je parcours de temps à autre, je n’en connais(sais) finalement aucun. Noël approche. Comme j’ai été super sage cette année, j’ai fait une méga liste à Papa Noël … de bandes dessinées. Ouais. Les fêtes et les cadeaux, c’est souvent une bonne occasion pour découvrir de nouvelles séries, des nouveaux auteurs, … La librairie n’est plus sur le chemin du boulot (reformulation : le boulot n’est plus sur le chemin de la librairie), j’aime pas faire lèche-vitrine, ni chercher pendant des heures le livre-qui-pourrait-éventuellement-peut-être-me-faire-plaisir. Le bouche à oreille reste pour moi le meilleur moyen de trouver des livres intéressants.

Alors quand Papa Noël arrive avec ses gros sabots (en imaginant qu’il ait une vingtaine de rennes, ça nous fait 80 sabots. Évidemment que ça fait du bruit !) et que je suis super sage pendant l’année, obligé que je reçoive un truc ou deux. Mais quoi? J’ai tous les livres qui m’intéresse, le bouche à oreille s’accompagnant généralement d’un prêt à plus ou moins court terme. Hop, direction mes références en BD : la Bédéthèque et BD’Gest. De là, je vais voir les indispensables et je fais mon choix pour l’année :) Sur ma liste :

  1. D’Artagnan
  2. Billy Brouillard
  3. Long John Silver
  4. Le Tueur
  5. Complaintes des Landes Perdues

Il y a bien les notes de Boulet dans la sélection 2008, mais cela ne me dit finalement rien sur le moment « Bouh encore un mec qui a un blog et qui veut se faire de la thune. J’aime pas, j’irai voir son blog, ça sera pareil ». Ce ne sera qu’en allant chercher un cadeau pour un ami que je tomberai par hasard dessus. Au contact du livre, je craque. En parcourant les pages, les dessins me plaisent sans être trop aguicheurs ni puant le Photoshop pour la retouche des couleurs ou des courbes. Un petit livre de chevet qui m’a tout l’air agréable. Puis 10€, c’est super raisonnable pour la quantité de lecture :) Hop, je passe à la caisse.

Le soir, je sors mon nouveau jouet avant d’aller dormir, et je découvre. Je tombe sous le charme de Boulet, de ses dessins, de ses histoires et anecdotes, de son humour et de ses réflexions. J’ai l’impression d’avoir un mix entre Calvin et Hobbes et Gottlib (excusez les références…), mais d’un point de vue plus personnel. L’impression aussi de me retrouver dans certaines pages (geekeries, dinosaures et Lego… :) ). Une sorte de recueil de conneries. J’ai passé un super moment, mais je n’ai finalement pas beaucoup dormi : les « quelques pages avant dodo » se sont transformées en « Raaah je veux pas arrêter maintenant! » Boulet, c’est tout un style pour lequel je ne devrais plus avoir aucun doute à l’avenir.

Une autre partie intéressante est finalement la découverte : avoir la « vie » d’un artiste en bd, ça permet de découvrir plein de choses et personnes intéressantes. Du coup, après une petite recherche sur Julien Neel, je découvre qu’il s’agit de l’auteur de « Lou ». Aaaah maiiis ouiiii je connais, j’aime bien, mais j’ai jamais acheté. Hop, je met sur ma liste pour l’année prochaine, en même temps que le tome 2… ;)

born-to-be-a-larve

Voir plus loin : BouletCorp.com

Zoo

« Petit Père, petit Père, s’écrie Ivan. La nuit est noire comme une vie sans espoir, comme l’ombre d’une montagne sur un désert de neige… »

Zoo, c’est avant tout une histoire de vie et de poésie. L’histoire de la petite Manon, de son père Célestin, du sculpteur Buggy, et d’Anna, la femme sans nez. C’est avant tout un récit d’humanité, d’émotions et de sentiments. Le premier tome nous présente les personnages, l’arrivée d’Anna dans le Zoo, les problèmes financiers qui commencent à arriver avec l’annonce de la guerre… Tout cela nous est mis en avant sur un plateau de pastels et d’aquarelle. Les dessins sont magnifiques, somptueux. La palette de couleurs s’accorde à l’humeur et à l’évolution du zoo. Le personnage de Buggy permet au dessinateur, Franck, d’exprimer complètement son talent, dans l’expression des mouvements, des faciès et des décors.

« C’est un lieu à nul autre pareil. Un coin de nature où la vie semble s’être développée dans une totale harmonie. Un espace de lumière, d’élévation. Tel qu’il ne peut en exister que dans l’imaginaire des rêveurs utopiques. Un zoo de songe, un zoo de fièvre, un zoo de paix. »

Le tome 2 annoncera les premiers problèmes, la déclaration de la première guerre mondiale et la fin d’un paradis. Célestin sera partagé entre son désir de rester auprès de Manon et son impuissance à ne pas intervenir. Avant d’être un médecin des animaux, il se sent médecin des hommes, a besoin d’aller les aider, les soigner et de les soutenir devant l’horreur de la guerre. Le tome 3 annoncera son départ au front, et par là même, le début de la fin. Ce volume se concentrera surtout sur Anna, plus délaissée dans le précédent tome. La trilogie se terminera également sur celle-ci, mettant ainsi un terme à l’histoire. Les premières pages du premier album résument la fuite d’Anna hors de Sibérie, sa fuite à la recherche de son âme. Les dernières pages du dernier album clôtureront son parcours. La boucle sera bouclée.

13 ans. C’est la période qu’il aura fallu attendre entre la sortie du premier tome, en 1994. Le dernier tome est disponible depuis fin 2007. Entre le premier album et le dernier, un énorme travail aura été fait, autant au niveau des dessins que de l’ambiance.

Pour paraphraser BD Gest’, ce dernier tome clôt une trilogie exceptionnelle à tous niveaux et contient tout ce qu’on a aimé précédemment [...] Il ne manque que la musique… Plus que ce qu’on ne pourrait jamais imaginer.. ;)